Tout savoir sur la lagunage

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En matière d’assainissement non-collectif des eaux usées, la solution la plus pratique reste la fosse toutes eaux. Une solution qui n’est pas sans inconvénients puisque la fosse toutes eaux nécessite un entretien régulier sous peine de soucis d’évacuation, et génère parfois des odeurs. Tout en étant peu écologique.

Pour un assainissement non-collectif respectueux de la nature et économique, le lagunage s’avère être un dispositif biologique puisqu’il s’appuie sur une épuration par microphyte. Rassurez-vous, ce n’est pas compliqué…On vous explique tout.

Un dispositif respectueux de la nature

Encore une fois, nous n’avons rien inventé ! Il suffit d’observer la nature et les zones humides pour comprendre le fonctionnement du lagunage, un procédé d’épuration des eaux usées domestiques, simple, naturel et fiable. Un procédé, adaptable aux habitations des particuliers en milieu rural, non reliées à l’assainissement collectif, qui permet de s’inscrire dans une démarche respectueuse de l’environnement, plus proche de la nature.

Le principe du lagunage

Le lagunage repose sur l’écoulement gravitaire des eaux grises, issues des usages domestiques, dans des bassins successifs, justement appelés les lagunes. Ces bassins sont plantés d’algues, de phytoplanctons et de plantes aquatiques qui dégradent les matières organiques contenues dans ces eaux usées. Idéalement, trois bassins de rétention sont nécessaires, de 1 à 1,20 mètres de profondeur, plutôt rectangulaires.

Pour la bonne réussite du lagunage, ces bassins doivent être parfaitement étanches, via une géomembrane synthétique ou, mieux encore, une couche d’argile épaisse. Au niveau des dimensions, il est conseillé 6 m2/habitant pour le premier bassin, 3 m2/habitant pour les autres. Ce qui implique un terrain suffisamment vaste pour traiter les eaux usées d’une famille.

Le lagunage : comment ça marche ?

En matière de lagunage, tout repose sur un bon échange de procédés. Du donnant donnant en quelque sorte. En effet, les effluents, riches en nutriments, qui s’écoulent dans le premier bassin favorisent le développement des algues vertes et le phytoplancton. A leur tour, des végétaux produisent de l’oxygène dans l’eau par photosynthèse. Les bactéries aérobies (qui ont besoin d’oxygène pour vivre) profitent dès lors de cet oxygène et transforment les matières organiques en matières minérales, les décomposent et les rejettent.

Là interviennent les bactéries anaérobies (qui se développent dans un milieu sans oxygène) qui assainissent les matières et purifient l’eau. C’est un cercle sans fin qui assure une eau propre, certes non potable, mais qui peut être utilisée pour l’arrosage ou l’usage domestique. Ces deux étapes se déroulent dans les deux premiers bassins.

Dans le troisième bassin, il est recommandé de planter d’autres végétaux, telles que les lentilles d’eau dont la propagation peut être limitée par des canards qui en sont friands. De quoi joindre l’utile à l’agréable.

Les avantages du lagunage

Le lagunage qui se veut une alternative naturelle à l’utilisation du traitement physico-chimique d’une fosse toutes eaux est avant tout écologique. Outre un traitement sain et très efficace des eaux usées, il favorise la biodiversité. Il est aussi plus économique car la mise en œuvre coûtera moins chère qu’un assainissement traditionnel.

Quant aux risques sanitaires, ils sont moindres. Ajoutons à ces avantages, l’entretien réduit puisque seules les boues du premier bassin seront prélevées tous les 10 ans environ. Elles pourront d’ailleurs être utilisées pour l’amendement du jardin.

Quelques petits inconvénients quant même…

D’abord, il faut de la place pour adopter un système de lagunage. Ensuite, un entretien régulier assurera la durabilité du dispositif qui peut atteindre une vingtaine d’années. Les petites digues végétalisées au bord des bassins seront fauchées régulièrement, et il faudra éventuellement éclaircir les végétaux dans les bassins.

Comme le système de lagunage a tendance à attirer les rongeurs, une dératisation sera nécessaire. Enfin, en particulier en été, quelques odeurs légères peuvent se faire sentir et les moustiques proliférer.

Alors certes, l’emprise foncière nécessaire à la mise en place du lagunage peut être un frein pour les particuliers mais reste une alternative très intéressante pour le semi-collectif. Le lagunage n’est pas encore agréé, il est nécessaire d’obtenir une autorisation du Service public d’assainissement non-collectif (SPANC) de la commune de résidence.