Déterminez la flore spontanée du terrain
Il existe des plantes qui recherchent tout particulièrement un certain type de sol. La présence de plusieurs d'entre elles, dans un endroit donné, renseigne sur la nature de la terre. Si, sur votre terrain, se sont installés, spontanément, des merisiers, des aubépines, des sureaux, des coquelicots, du trèfle ou des acacias, le sol est assurément calcaire. Dans un jardin méditerranéen, les essences indicatrices d'une terre calcaire sont la lavande, le ciste cotonneux, l'ajonc à petites fleurs, le pin d'Alep et le chêne vert. Au contraire, si votre jardin se laisse envahir par les prêles, l'oseille sauvage, les fougères, les bruyères, les primevères, les repousses de châtaignier, vous pouvez alors en déduire qu'il n'est guère calcaire (ou plutôt, "alcalin", en jargon de chimiste). Pour obtenir davantage de précisions, procédez: à l'analyse chimique du sol. Lacidité d'un terrain se mesure facilement, en, utilisant un simple papier pH dont on trempe l'extrémité dans une cuillerée de terre mêlée à autant d'eau distillée. Le papier est imprégné d'un réactif coloré dont la variation indique si le sol est acide (pH inférieur à 6,5), neutre (pH de 6,5 à 7,5) ou alcalin (pH supérieur à 7,5). Les diverses sociétés qui fabriquent des engrais ainsi que les grands producteurs de plantes proposent des analyses de terre complètes indiquant très précisément la nature du sol, mais aussi le pH, les taux de calcaire, d'acide phosphorique, de potasse et de matière organique contenu. A vous d'envoyer un échantillon bien représentatif, prélevé en plusieurs points du jardin. Divers coffrets en vente dans les jardineries vous permettront d'analyser vous-même votre terre. Faites appel, pour une analyse affinée, à un institut spécialisé, qui sera en outre à même de vous donner le degré de richesse de votre terrain sur le plan nutritif. Toutes ces caractéristiques peuvent être corrigées, degré d'acidité ou d'alcalinité, avec des amendements appropriés. Ces derniers n'ont aucune valeur nutritive (ou bien elle est trop faible), mais ils permettent de modifier la nature physique ou chimique du sol. Pour la structure des sols, l'humus, constitué de matières organiques parfaitement décomposées (compost, terreau de feuilles, fumier, tourbe), représente la panacée puisqu'il aère les sols compacts, mais retient l'eau et les engrais dans les sols légers. Acidité et alcalinité sont difficiles mais non impossibles à corriger: un sol très crayeux ne deviendra jamais une terre à rhododendrons, de même qu'une lande à bruyère ne portera jamais un potager florissant. Mais l'épandage de chaux agricole, par exemple, fera remonter le pH du sol d'un ou de deüx points. La tourbe, la sciure de bois, la fleur de soufre permettront à l'inverse de l'abaisser d'autant. Ces corrections sont nécessaires pour amener votre terrain à ressembler le plus possible à la terre moyenne, car c'est elle qui permettra le plus grand nombre de cultures. Diverses façons culturales, abordées ailleurs dans cet ouvrage (drainage, engrais...), permettront également de rectifier le tir si votre terrain ne s'avère pas idéal. Les sols argileux L'argile retient l'eau et évite l'entraînement des sels minéraux et des engrais vers les couches profondes du sous-sol. Les terrains à forte proportion d'argile sont difficiles à travailler: ils collent aux outils ou sont très durs en cas de sécheresse; ils sont longs à se réchauffer au printemps. On dit de ces terres qu'elles sont "lourdes" et "froides". On améliore une terre qui contient trop d'argile en apportant du sable grossier, étalé à raison de 1 à 2 m3 sur 100 m2 de terrain, et incorporé par un labour. Si, par ailleurs, le sol argileux manque de matières organiques, il faut l'alléger avec des apports de tourbe (de 150 à 250 kg pour un carré de 10 m x 10 m), de fumier et .de compost. En cas de sol argileux manquant de calcaire, on peut l'amender, avant le labour, par du calcaire finement broyé (de 20 à 30 kg pour cent mètres carrés) ou le chauler. (Opération consistant à épandre de 10 à 30 kg de chaux éteinte par 100 m2 - selon le degré d'acidité - avant la première plantation, puis à la renouveler, en surface, durant trois ou quatre ans.) Il est à noter que ces amendements ne peuvent modifier la terre que sur 30 à 40 cm de profondeur. Il est donc conseillé, pour la plantation d'arbres ou d'arbustes en terre argileuse, de choisir des espèces dont les racines ne sont gênées ni par l'humidité ni par la texture forte du sol. Les sols sableux Légers, meubles, les sols sableux sont faciles à bêcher, à biner et à désherber. Ils se réchauffent rapidement au printemps et les semis y lèvent précocement. Mais ils laissent trop vite filtrer l'eau, et les éléments fertilisants y sont lessivés. On peut donner un peu de corps à un sol très sableux en lui incorporant de 2 à 3 m3 de bonne terre argileuse pour 100 m2. Il est surtout primordial d'apporter de copieuses quantités d'humus (tourbe, terreau, compost, fumier...) et de prévoir des arrosages réguliers. Dans un tel sol, les doses d'engrais seront à épandre en plusieurs fois au cours de l'année. Un sol sableux trop acide est amélioré par du calcaire broyé ou par le chaulage, comme pour un sol argileux. Les sols sableux bien amendés deviennent d'excellentes terres potagères. Les bulbes et les fleurs annuelles y prospèrent également. De nombreux résineux aiment ces sols meubles. Les sols calcaires S'ils se réchauffent vite au printemps, les sols calcaires ne retiennent pas l'eau. Ils sont secs en été et pauvres en éléments fertilisants. Vous devrez leur apporter une fumure organique copieuse, comme aux sols sableux, ainsi que des engrais complets. Leur forte alcalinité (pH supérieur à 7,5) provoque des maladies de "chlorose" chez de nombreuses plantes. Cette maladie se caractérise par le jaunissement des limbes, alors que les nervures restent vertes, et la chute des feuilles. Les plantes deviennent chétives ou meurent. Il est primordial, dans un tel sol, de ne cultiver que des végétaux tolérant bien le calcaire, car il est illusoire d'espérer neutraliser cet excès. Les légumes supportent assez bien celui-ci, de même que de nombreuses plantes vivaces (voir tableaux synoptiques). Les sols humifères Ce sont par exemple les sols de sous-bois, particulièrement riches en feuilles mortes décomposées. Ces terres, bien que perméables, se gorgent d'eau qu'elles restituent aux plantes. Elles se réchauffent vite au printemps et sont faciles à travailler. Cependant, étant très acides, elles ne conviennent qu'à certaines espèces. Vous pourrez corriger cette acidité en chaulant et en leur offrant des engrais essentiellement phospho-potassiques. Les plantes de terre de btuyère sont conseillées, telles que les hortensias, les camélias, les rhododendrons, les azalées et autres végétaux dits justement de "terre de bruyère". Corrigez votre terre en l'amendant Les divers amendements minéraux (chaux, marne...) sont fournis par les jardineries ou les marchands de matériaux. Il en va de même, pour partie, des amendements humiques. Mais vous pouvez créer vous-même ces derniers. L'humus est une matière organique vivante qui doit subir un processus de décomposition bien défini pour être assimilé par les plantes. Il est indispensable à toute terre de culture et on peut l'apporter sous différentes formes. Le compost qui servira pour vos plantations Le compost et le paillage: voilà les deux clefs de la réussite d'un jardin. Avec le premier, vous nourrirez vos plantes. Le second, entre autres fonctions, les protégera du froid ou de la sécheresse. Un compost efficace est une matière qui encouragera la fertilité de la terre et contiendra les éléments dont votre jardin a besoin. Comment vous constituer un bon tas de compost ? Commencez par trier vos ordures en les recueillant au fur et à mesure dans deux poubelles différentes. Dans l'une, vous jetterez les boîtes de conserve, les plastiques, les emballages en carton, qui ne vous serviront à rien, et dans l'autre, les épluchures, les papiers, les résidus de thé, de café, les os ou les arêtes. Ce sont tous ces détritus dégradables qui constitueront votre compost. Dans un coin du jardin, à l'ombre, plantez quatre piquets de 1,50 m de haut. Entourez-les d'un grillage sur trois côtés. Posez quelques rondins ou petits troncs de bois par terre à" l'intérieur de cette cage. Commencez alors à entasser vos ordures en les étalant. Quand vous aurez amassé environ 30 cm de hauteur de déchets, couvrez-les de quelques centimètres de terre, puis arrosez le tout. Continuez à alterner ainsi des couches de déchets de 30 cm, en les saupoudrant de deux poignées de chaux éteinte ou de dolomie (c'est une variété de chaux qui contient du magnésium). Mieux vaut porter des gants pour cette opération. Vous emplirez ainsi la cage à ordures en l'arrosant de temps à autre. Quand le tas de compost aura atteint 1 m, couvrez-le d'une dernière couche de terre. Posez un grillage pour fermer le quatrième côté. Revêtez le tout d'une feuille de plastique ou mieux encore d'une vieille couverture. On peut également adosser le "tas" à un mur.
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18/05/2012 09:09 - guilbault
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