Achat et plantation des arbres fruitiers
Déguster ou faire déguster les produits que l'on a cultivés et récoltés dans son propre jardin est une chose que tout le monde apprécie. Ceci est particulièrement vrai pour des fruits dont la fraîcheur et la cueillette à parfaite maturité sont les éléments déterminants de leur saveur. Certains arbres fruitiers sont aussi d'excellents arbres d'ombrage s'intégrant parfaitement dans le jardin d'ornement, leur floraison apportant aussi une décoration printanière. Plus encore que pour les végétaux d'ornement, la nature et l'emplacement du terrain, le climat, la région où vous habitez, détermineront le choix des espèces et variétés. Certaines, à floraison très précoce ou nécessitant de fortes chaleurs estivales, donneront de bons résultats seulement dans les régions réunissant les conditions nécessaires. Les arbres fruitiers étant greffés sur différents porte-greffes, ceux-ci doivent être adaptés à la région et à la qualité du sol où ils seront plantés. Votre fournisseur vous conseillera efficacement sur ce choix.
Tenez compte de vos gouts et de la place dont vous disposez. Ne prévoyez pas dix grands arbres tiges sur un terrain de 100 m2 : ils se gêneraient et ne donneraient pas grand-chose. Selon la surface dont vous disposez, choisissez des formes de plein vent (arbres-tiges) ou des formes taillées (gobelets sur basse-tige) ou palissées (en palmette, en U). II vous faudra souvent deux arbres de la même espèce, mais de variété différente, pour qu'ils se pollinisent mutuellement, car seules quelques variétés sont auto fertiles, la plupart étant autostériles. Si vous aimez l’arboriculture et la taille, achetez des scions (tout jeunes arbres juste greffés), que vous formerez vous-même en cordon, en palmette ou en gobelet. Sinon, choisissez des arb res déjà formes. Dans tous les cas, regardez Ie point de greffe : il doit être discret, un gros bourrelet signalant une reprise difficile de la greffe. Achetez de préférence des arbres que vous pouvez voir, chez un pépiniériste de votre région, et demandez lui quels porte-greffes il utilise : c’est important selon la qualité de votre sol. N'hésitez pas à acheter des arbres à racines nues, c’est ce qu’on fait habituellement. En conteneurs, ils peuvent être plantes route l’année. Surveillez bien leur arrosage pour qu'ils reprennent bien. N’attendez pas la fin de la saison pour acquérir des abres chétifs, stockes depuis des semaines en magasins chauffes, ils ne valent pas grand-chose. Vérifiez que les racines ont un beau chevelu et qu'elles ne forment pas un chignon tourne sur lui-même, signe de mauvaises conditions d’élevage. Quant au choix des variétés, il est immense. Choisissez selon votre gout et, de préférence, une variété rare chez les marchands de fruits: car c’est la qualité que vous recherchez dans votre jardin, pas la quantité. La plantation: La meilleure époque va de la fin octobre à la mi-avril, pendant le repos de la végétation. Creusez pour chaque arbre un trou de plantation, de préférence plusieurs jours à l'avance. Si Ie terrain est bon, un trou de 30 cm de coté sur 40 cm profondeur suffira. En terrain pauvre, voyez plus grand (50 cm au cube). A la terre du fond, incorporez une fumure de fond (engrais type 520-10 ou 16-18-24) tout en les mélangeant bien ensemble pour que les racines ne touchent pas Directement l’engrais. Prévoyez un solide tuteur pour les arbres-tiges, ou un système de palissage pour les arbres formés, tuteur ou palissage que vous enfoncez jusque dans le sol non remue avant de mettre l'arbre lui-même. Raccourcissez les racines de ce dernier de quelques centimètres, et sa ramure du tiers de sa longueur. Placez l'arbre bien droit, remplissez le trou avec la terre que vous aurez mélangée a deux ou trois pelletées de compost, de terreau ou de fumier bien décomposé. Tassez moyennement, arrosez et attachez l’arbre au tuteur. Vous pouvez planter soit un jeune scion et le former, soit une forme palissée (U, cordon, palmette), soit un arbre demi-tige (l,30 m de tronc), soit un arbre-tige (l,80 m de tronc), soit encore une forme plus basse (gobelet, fuseau).
Jeunes arbres: taille de formation
Vous venez de planter un arbre fruitier; il faut donc conduire une taille dite de formation. Celle-ci dépend bien évidemment de la forme que vous souhaitez donner à votre arbre (est-ce une forme de plein vent? doit-il palisser contre un mur ? etc.). De façon générale, vous devez tendre à équilibrer la charpente du jeune sujet. Pour cela, supprimez les branches faisant double emploi (souvent elles se croisent) et forcez le développement des branches manquantes en rabattant une existante au niveau d'un bourgeon "regardant" dans la bonne direction.
La taille des arbres fruitiers présente des caractéristiques propres à chaque espèce, à chaque climat. On peut néanmoins dégager quelques règles essentielles. C'est l'objet de cette fiche, qui présente les bases de la taille d'hiver des arbres à pépins. Les arbres fruitiers ne produisent que pendant une cinquantaine d'années. Encore faut-il les aider à concentrer leurs production sur la qualité plutôt que la quantité. C'est là qu'intervient la taille. On a distingué les différentes opérations de taille. Quelles branches tailler ? On sectionne les branches principales à 1-2 m de leur extrémité. On élimine les branches enchevêtrées qui encombrent le cœur de l'arbre ou empêchent la diffusion de la lumière. Où tailler ? Il faut tailler au-dessus d'un bourgeon tourné vers l'extérieur, permettant à la branche de se développer vers l'extérieur. Quand tailler ? On taille un jeune arbre, pour éviter qu'il s'allonge ou qu'il croise des branches. On taille ensuite un arbre à maturité pour améliorer la qualité des fruits. On taille en période de repos. Encore faut-il que l'environnement n'agresse pas la cicatrice. Ceci commande une taille plutôt en septembre pour les arbres à noyaux (cerisiers, pruniers), qui cicatrisent mal (et si possible protéger les cicatrices avec un mastic spécial), couper en biais pour éviter la stagnation de l'eau). Les arbres à pépins (pommier, poiriers) peuvent être taillés plus tard. Précautions : La coupe doit être franche avec un outil bien aiguisé, et propre, pour éviter de transmettre une maladie. Profitez pour traiter les arbres fruitiers au cuivre : cuivrol ou bouillie bordelaise. Ajouter de l'eau de savon ou 1 litre de lait pour 5 litres d'eau pour que ça colle. La taille est nécessaire pour améliorer la qualité des fruits (au détriment de la quantité). Elle permet de stimuler le développement des branches latérales, proches des branches maîtresses au détriment des branches maîtresses. On distingue : - la taille de mise en forme : un jeune arbre fruitier se taille pour lui donner une forme (se référer aux ouvrages spécialisés). Équilibrez la charpente en supprimant les branches qui se croisent. Plus âgé, l'arbre fruitier doit encore être taillé : - la taille de nettoyage : Supprimez les branches mortes, celles qui s'entrecroisent (en conservant la plus vigoureuse) et les bois abîmés. Profitez-en pour enlever également tous les fruits pourris qui auraient pu rester sur la ramure. - l'éclaircissage : Le but de cette étape est d'apporter de la lumière au centre de l'arbre, pour garantir une mise à fruit homogène. Pour cela, supprimez les branches pointant vers l'intérieur. - le rabattage : Réduisez la longueur des branches principales en supprimant leur extrémité (c'est ce que l'on appelle "rabattre"). Ceci a pour but de répartir la sève dans les branches latérales, dont le développement sera ainsi stimulé. Cette remarque est valable pour tous les arbres, pas seulement les fruitiers. Mais il faut également rabattre les branches latérales, de façon à ce que la mise à fruit s'opère assez près de la branche principale et non au bout de longues branches ne portant que des feuilles ! Quand tailler dans l'année : les arbres à pépins (pommier, poiriers) se taillent en hiver. Les arbres à noyaux (pruniers, cerisiers) sont taillés et élagués en août ou septembre Quand tailler dans l'année : les arbres à pépins (pommier, poiriers) se taillent en hiver. Les arbres à noyaux (pruniers, cerisiers) sont taillés et élagués en août ou septembre, mais pas plus tard : la cicatrisation se ferait mal.
Taille de fructification Principe général : La taille trigemme consiste, comme son nom l'indique, à tailler toujours à 3 "yeux", qu'ils s'agisse d'oeil ou de dard (appelation spécialisée des bourgeons, qui donneront rameau ou fleur). Selon la quantité de sève qui parviendra à un oeil, il évoluera soit en formant une nouvelle branche (cas d'un oeil bien "nourri"), soit en donnant un dard qui, mal alimenté à son tour donnera un bouton à fleur, puis un fruit. Concrètement : La branche ci-dessus est donc taillée cet hiver "à trois yeux" (voir le trait bleu). Ces 3 yeux évolueront cet été, en formant selon les cas des pousses ou bien des dards. Les pousses seront rabattues à 5 feuilles cet été, le dard étant laissé tranquille. La figure ci-contre montre 2 cas possibles, avec 2 dards et un rameau à gauche, un dard et 2 rameaux à droite. L'hiver suivant, on taille encore à 3 yeux, soit selon les traits figurant en rouge. Si tout se passe bien, le ou les dars évoluent en boutons à fleurs (beaucoup plus rond que les autres bourgeons). L'hiver qui suit, en taillant au plus près de ce bouton, vous concentrerez la sève sur lui, ce qui provoquera la mise à fruit. Autres cas : Ci-contre, 2 autres cas de figure. Dans celui de gauche, 3 rameaux se sont développés. Un coup pour rien ! Il faut supprimer tout ce "bois", ce qui peut s'envisager vers mai-juin, pour modifier le développement du rameaux du bas, en essayant de provoquer la création de dards. A droite, le cas est légèrement différents, puisque le rameau du bas, plus faible que les 2 autres, est appelé brindille. Il porte à son extrémité un bouton à fleur, dont on va stimuler le développement en rabattant les rameaux du dessus, ce qui concentrera la sève dans la brindille. Arbre trop vigoureux : Si votre pommier ou votre poirier donne plus de feuilles que de fruits, il y a de fortes chances pour qu'il soit trop vigoureux. Pour diminuer son ardeur à croître et favoriser la mise à fruits, effectuez un « cernage ». Cette opération consiste à creuser une tranchée circulaire à environ 1,50 du tronc, profonde de 0,50 m à 0,80 m selon l'âge de l'arbre, et à couper toutes les racines que l'on rencontre. Cela favorise l'enracinement en profondeur, d'où une meilleure stabilité face au vent, et les bourgeons du printemps se transforment plus facilement en boutons à fruits. Pas de règle absolue : Ces quelques informations et situations n'ont qu'une valeur d'exemple. La taille trigemme a pour mérite d'être simple à comprendre et à appliquer. Mais chaque arbre a ses particularités, et il faut savoir s'adapter. Tailler plus "court", ou plus "long"... La taille a pour but d'inciter l'arbre à produire des fruits. Si vous commettez quelques erreurs, au pire vous perdrez quelques fruits. Mais quelle satisfaction, année après année, de voir que le coup de sécateur devient plus précis, et que l'arbre vous gratifie par des récoltes régulières et abondantes ! N'hésitez-pas : c'est en taillant qu'on apprend à tailler.
Cultiver les arbres fruitiers Avant de planter, examinez ou faites faire une analyse du sol (la qualité du sol déterminant en partie les espèces de fruitiers que vous planterez), afin de pouvoir 1'améliorer par des amendements et des engrais : - apportez-Iui du fumier, de la tourbe ou du compost s'il est sableux pour lui donner du corps et pour qu'il garde mieux l'eau : - du sable, du fumier et du compost s'il est argileux, pour l' alléger : - du sulfate d'alumine s'il est calcaire pour faire baisser son pH jusqu'a 7. Renseignez-vous sur les porte-greffes les mieux adaptes a votre terrain. Plus un porte-greffe est vigoureux, plus 1'arbre sera grand. II donnera des fruits plus tardivement mais pendant de longues années. Quant aux porte-greffes faibles, utilises surtout pour les formes palissées, ils vous permettront d'avoir des fruits plus rapidement mais pendant moins longtemps. Si votre terrain est trop humide, plantez vos arbres sur des buttes d'au moins 50 cm de hauteur et de 2 m de diamètre, et laissez "reposer" la butte une ou deux semaines avant de planter. N'oubliez pas que, pour avoir de beaux fruits, vos arb res ont besoin d'un bon ensoleillement et Ne les plantez pas trop serres. Un arbre-tige a besoin de 4 a 5 m de diamètre, un pécher en gobelet de 2 a 3 m. Les formes palissées sont plus souples d'emploi. En conséquence, selon les formes, prévoyez un espace de 60 cm à 2 m entre deux pieds consécutifs, Ie long d'un mur. N' oubliez pas d' apporter des engrais, tous les ans, en automne, pendant les cinq premières années, qu'il s' agisse d' engrais minéraux complets (type 10-20-20), d'engrais organiques ou les deux. Enfouissez-les à la griffe. Surveillez les éventuelles maladies ou attaques de parasites pour traiter immédiatement et éviter ainsi d’avoir à u utiliser par la suite de grosses quantités de produit. Respectez les doses indiquées de fongicides et d'insecticides, tout surplus étant inutile. Mélangez espèces et variétés fruitières (cela diminue les risques de maladies) et choisissez celles qui sont Ie mieux adaptées à votre région. Elles seront moins sujettes aux maladies. Surtout ne vous obstinez pas a planter dans Ie Nord une variété méditerranéenne réclamant beaucoup de chaleur et, inversement, n'installez pas sur un coteau sec du Sud-est un fruitier reclamant fraicheur et humidité.
Pollinisation des pommiers La pollinisation des pommiers est le phénomène qui permet aux fleurs de pommiers de se transformer en pommes. Une bonne pollinisation est parfois problématique pour le jardinier amateur car de nombreux pommiers ne peuvent produire une quantité correcte de pommes si certaines conditions ne sont pas remplies. En effet, la plupart des variétés sont auto-stériles et, pour être fécondées, elles doivent être plantées à proximité d'une variété compatible (allogamie) car la pollinisation est faite par le vent ou les abeilles (qui peuvent parcourir plusieurs kilomètres). L'idéal reste tout de même de planter deux variétés compatibles à quelques mètres l'une de l'autre. Toutes les variétés non triploïdes peuvent être des pollinisateurs pour une autre variété sous réserve que leur pollen soit de bonne qualité et que leur date de pleine floraison concordent à plus ou moins trois jours, il faut donc se renseigner sur cette compatibilité. Dans les vergers professionnels, on utilise généralement des pommier à fleurs qui, en plus d'être jolis, font d'excellents pollinisateurs. Certaines variétés, telles que 'Reine des reinettes' ou 'Golden delicious', sont considérées comme de bonnes pollinisatrices car elles produisent un pollen abondant et de qualité. Leur période de pleine floraison (stade F2) est assez longue, ce qui permet de couvrir les périodes de floraison d'un grand nombre d'autres cultivars. La 'Golden delicious' est souvent considérée comme variété de référence. Si une variété fleurit avant, on dit qu'elle a une floraison précoce, après, on parle de floraison tardive (utile dans les zones à gels tardifs
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